Que sait-on aujourd’hui de la peau de bébé ?
La peau de bébé pose beaucoup de questions aux parents. Pendant longtemps, on a supposé que la peau de bébé était à peu près la même que celle de l’adulte, d’où un certain mythe de la peau « parfaite ». De récentes recherches montrent, qu’à la naissance, même si l’ensemble des constituants de la peau du nourrisson sont en place, certaines fonctionnalités de la barrière cutanée n’arriveront à maturité qu’au cours de la première année. La peau est donc un organe qui évolue, ce qui ne signifie pas qu’il y ait d’inquiétude systématique à avoir.
De nombreuses questions restent aussi ouvertes dans le domaine des soins de la peau et de l’hygiène, où les habitudes et les croyances prédominent. On reste souvent dans le domaine du subjectif. Cependant, l’expérience et les données scientifiques montrent que, même soumise à des régimes différents, la peau de bébé ne s’en sort finalement pas trop mal. La peau du bébé n’est pas ce « buvard » qu’on imagine, cette interface poreuse réactive à toutes les agressions. Mais elle est plutôt imperméable, dynamique, dont la maturation est une histoire naturelle et dont l’évolution va durer toute une vie. Entre le mythe de la peau parfaite et celui de la peau buvard, il faut donc relativiser.
Pourtant la peau de bébé est toujours considérée comme plus fragile, pourquoi ?
Sans la qualifier systématiquement de plus fragile, la peau d’un bébé à terme a des spécificités. En termes d’épaisseur, ses couches supérieures sont 20 à 30% plus fines que chez l’adulte. La composition de la peau de bébé montre aussi quelques différences : moins de lipides et moins de mélanine (qui influence la pigmentation de la peau). La fonction « barrière » de la peau de bébé n’est pas mature, notamment lorsque l’on considère les mesures de perte en eau.
La peau du bébé représente une surface d’exposition trois fois supérieure à celle de l’adulte, par rapport au poids du corps et le risque d’intoxication est donc proportionnel. Par ailleurs, le mode de vie d’un bébé et sa dépendance le surexpose aux agressions quotidiennes lors des changes (occlusion). La peau du bébé a besoin de temps pour que la régulation vis à vis de l’extérieur se mette en place : sa peau réagit encore vivement à la température (avec des marbrures, par exemple). Finalement, cela tient du processus naturel, et si la peau de bébé requiert certes une attention particulière et des soins spécifiques, en termes d’hygiène, l’excès peut devenir l’ennemi du bien.